Thèse 1
Tout le monde devient un mini-développeur
Une hypothèse sur le travail quotidien
Imaginons une étudiante en gestion qui entre dans une petite entreprise. Pour comparer les tarifs de ses fournisseurs, elle décrit à une IA les colonnes attendues, demande une interface et essaie le résultat sur des données fictives. Son premier outil ne remplace pas le système comptable. Il répond à un besoin local. Cet exemple est un scénario proposé, pas un cas observé dans les sources.
La thèse affirme que ce geste pourrait devenir courant : un salarié ne se contente plus de choisir parmi les logiciels disponibles, il fabrique une partie de son environnement de travail. « Tout le monde » reste une formule volontairement forte. Notre hypothèse concerne surtout les métiers où l’on manipule des informations, avec des outils modestes et un accompagnement adapté. Elle ne prédit ni une compétence universelle ni la disparition des informaticiens.
Qui défend cette possibilité ?
Dans un billet de mars 2025, le développeur Simon Willison accueille favorablement la possibilité que davantage de personnes construisent leurs outils sur mesure. Il distingue toutefois cette exploration du développement où l’on relit, teste et comprend le code. C’est une opinion de praticien, pas une enquête sur les juniors S14.
Krings, Bohn et Ludwig envisagent un déplacement de la frontière entre développeurs et non-développeurs. Leur contribution de 2025 repose sur des entretiens avec des professionnels expérimentés ; elle documente un changement de pratique possible, pas une généralisation à tous les salariés S7. Une analyse d’Anthropic publiée en avril 2025 observe aussi une forte présence de la création d’interfaces parmi les usages de ses outils de codage. Elle porte sur ses utilisateurs, non sur l’ensemble du marché du travail S6.
Ce qui changerait pour un junior
Dans notre scénario, connaître le métier et savoir décrire un problème deviennent des points de départ pour produire un logiciel. Une juriste pourrait prototyper un classement documentaire ; un étudiant en sciences, une interface pour examiner des résultats. Ce sont des possibilités à tester, sans présumer leur fiabilité ni leur adoption.
Le junior aurait alors une proposition supplémentaire à faire en entretien : montrer comment il transforme une difficulté concrète en outil vérifiable. Son autonomie dépendrait encore de l’accès aux données, des permissions et de l’aide disponible lorsqu’un prototype casse.
Le seuil décisif
Il faut distinguer obtenir une démonstration, l’utiliser régulièrement et la maintenir quand les besoins changent. Sarkar et Drosos observent en 2025 que le codage conversationnel déplace l’expertise vers le contexte, l’évaluation et les corrections, plutôt qu’il ne l’efface S8. La version défendable de la thèse est donc une extension de la capacité à fabriquer de petits outils. Sa version maximale, chacun devenant autonome pour tout logiciel, reste sans preuve dans ce dossier.