Thèse 2
Les preuves
Une expérience de terrain : un effet de coéquipier
La preuve la plus solide vient d'une expérience contrôlée et préenregistrée chez Procter & Gamble, menée avec 776 professionnels sur de vrais projets de développement de produits S5. Les participants ont été répartis au hasard : seuls ou à deux, avec ou sans IA. Résultat mesuré : les individus avec IA ont égalé la performance d'équipes sans IA S5. L'IA rapproche aussi les spécialités : des profils R&D produisent des idées plus commerciales, et inversement S5. Limite : ateliers d'une journée avec des chatbots, pas des agents autonomes suivis durant des mois S5.
Les usages glissent de l'assistance vers la délégation
En février 2025, Anthropic, sur environ un million de conversations Claude.ai, classait 57 % des tâches comme de l'« augmentation » (l'humain travaille avec l'IA) et 43 % comme de l'« automatisation » (l'IA fait la tâche) S2. Le même rapport indiquait des usages observés sur au moins un quart des tâches associées à environ 36 % des métiers S2. Un rapport déposé en novembre 2025 indique que la part de délégation « directive », où l'utilisateur confie la tâche entière, est passée de 27 % à 39 % en huit mois S3. Les entreprises qui passent par l'API, c'est-à-dire qui branchent l'IA dans leurs logiciels, y recourent pour automatiser des tâches S3. C'est un fait mesuré, mais sur les clients d'un seul éditeur, qui a intérêt à montrer une adoption forte.
Des dirigeants qui préparent des équipes mixtes
L'enquête Microsoft 2025, menée auprès de 31 000 travailleurs du savoir dans 31 pays entre février et mars 2025, rapporte que 82 % des dirigeants se disent confiants dans l'usage de « main-d'œuvre numérique » pour accroître la capacité de leurs effectifs dans les 12 à 18 mois S1. 28 % des managers envisagent de recruter des « managers de main-d'œuvre IA » pour diriger des équipes hybrides d'humains et d'agents S1. Ce sont des intentions déclarées, pas des embauches constatées.
Des cas d'entreprise
Chez Salesforce, le PDG Marc Benioff a déclaré en septembre 2025 que l'effectif du support client était passé d'environ 9 000 à 5 000 personnes, l'IA traitant la moitié des interactions clients S13. Il évoque la possibilité de redéployer des salariés vers la vente S13. Le cas illustre la cohabitation : agents au premier niveau, humains derrière. C'est un témoignage de dirigeant, non audité.
En France, l'adoption progresse vite à partir de peu
L'Insee mesure qu'en 2025, 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands, hors agriculture, finance et assurance, utilisent au moins une technologie d'IA, 8 points de plus qu'en 2024 S8. L'Apec indique un usage hebdomadaire pour 35 % des cadres en 2025, puis la moitié en 2026 S11. Ces chiffres ne parlent pas d'agents, mais ils montrent que l'IA entre dans le quotidien des cadres, sans prouver une délégation à des agents.
Une transformation plus qu'un remplacement
L'OIT estime qu'un travailleur sur quatre dans le monde occupe un métier exposé à l'IA générative, 34 % dans les pays à haut revenu, avec 3,3 % de l'emploi mondial dans la catégorie maximale S12. Sa conclusion : la transformation des emplois est l'effet le plus probable S12. Cela rend plausible une équipe mixte, sans en mesurer l'adoption.