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Thèse 7

Signaux et probabilité

Les indicateurs

Le premier indicateur est le revenu, pas les créations. Les créations battent des records S1 et ne prouvent rien seules. Ce qu'il faut suivre, c'est le revenu annuel moyen des auto-entrepreneurs publié chaque automne par l'Urssaf, 7 641 euros pour 2024 S2. S'il monte nettement en euros constants deux ans de suite, la thèse gagne du terrain. S'il stagne pendant que les créations montent, c'est la thèse 4 (le bas de l'échelle s'effondre) qui se vérifie sous un autre nom.

Le deuxième est la pérennité par âge. Dans la cohorte immatriculée en 2018, l'INSEE a mesuré 13 % d'actifs sous ce régime à cinq ans chez les moins de 25 ans S3. La génération 2022 sera mesurée vers 2028-2029 : si ce chiffre dépasse 20 %, ce sera un signal favorable, sans isoler à lui seul l'effet de l'IA.

Le troisième est la pluriactivité. La part des salariés ayant aussi une activité non salariée est passée de 0,7 % à 2,1 % entre 2012 et 2022 S5 ; la prochaine édition d'« Emploi et revenus des indépendants » dira si la courbe s'accélère.

Le quatrième vient des plateformes : l'écart de rémunération horaire entre freelances faisant du travail IA et les autres, 34 % chez Upwork en 2026 S11, et le ratio entre projets IA et experts disponibles chez Malt S12. Si l'écart se referme, la rareté se résorbe et la prime disparaît.

Le cinquième est qualitatif : un cas vérifié d'entreprise à très forte valeur avec moins de cinq personnes, hors éditeurs d'IA. En octobre 2026, la seule expérience documentée a montré des agents qui « inventent des choses » et n'agissent pas sans relance S20 S21.

Le calendrier

Le signal américain du Mercatus Center, +26,8 % de demandes de création sans salarié dans les secteurs exposés entre le premier trimestre 2024 et le premier trimestre 2026 S13, devra être répliqué sur des données européennes, ce qui prendra un à deux ans. La même étude estime +7,9 % d'auto-emploi solo dans les secteurs exposés entre la base 2022-2023 et 2025, contre −2,1 % dans le groupe de comparaison ; ce sont des évolutions observées, pas une preuve que l'IA les a causées. Les chiffres Urssaf 2025 et 2026 arriveront fin 2026 et fin 2027. La pérennité de la génération 2022 ne sera connue qu'en 2028-2029. Avant 2028, on saura seulement si les plateformes continuent de payer une prime à ceux qui intègrent l'IA.

Probabilité subjective

Que la carrière en portefeuille, salariat plus activité indépendante, continue de progresser chez les jeunes diplômés : probabilité élevée, entre 70 et 85 %, parce que la tendance est antérieure à l'IA S5 et que les outils la facilitent. Que l'indépendance à temps plein dès la sortie d'école devienne un choix courant et rémunérateur pour plus d'un diplômé sur dix : probabilité faible à moyenne, entre 15 et 30 %, à horizon 2030. La fourchette basse tient aux revenus moyens S2 et à la survie des jeunes S3 ; la fourchette haute tient à la rareté des profils capables d'intégrer l'IA S12 et au signal américain S13.

Liens avec les six autres thèses

Cette thèse est la version « statut » des thèses 1 et 2 : si chacun construit ses outils et travaille avec des agents, l'entreprise n'est plus indispensable pour produire. Elle est compatible avec la thèse 5 : un indépendant augmenté est d'abord un vérificateur de ce que ses outils produisent, et il engage sa responsabilité devant le client. Elle s'oppose à la thèse 3 : si rien ne change vraiment, l'indépendance reste ce qu'elle est, mal payée et peu durable. Avec la thèse 4 le rapport est ambigu : la montée des micro-entrepreneurs peut signaler une échelle cassée plutôt qu'une liberté gagnée ; seul le revenu tranchera. Enfin elle rejoint la thèse 6 : la confiance et le relationnel sont ce qu'un indépendant vend, et ce que l'IA ne lui fournit pas.

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